Fondée par Edgar Brandt en 1924, la marque centenaire doit aujourd’hui baisser le rideau. Comme un dernier clou planté dans le cercueil de l’industrie électroménagère française, les Français voient disparaître, non sans une vive émotion, l’une de leurs dernières grandes maisons. Sur les plateaux de télévision comme dans les rédactions, les commentaires vont bon train. Chacun désigne son coupable, tous avancent leur solution. Les oppositions affirment qu’elles savaient quoi faire. Le gouvernement assure que la messe n’est pas dite. Alors pourquoi le tribunal a-t-il prononcé la liquidation judiciaire de cette icône française, en dépit d’offres de reprise ?
Propriétaire des marques De Dietrich, Brandt, Sauter et Vedette, le groupe Brandt occupait la quatrième place du marché français de l’électroménager, avec environ 14 % de parts de marché et près de 800 salariés. Repris en 2014 par le groupe algérien Cevital, Brandt France a bénéficié depuis lors d’investissements colossaux. Malgré cela, l’entreprise s’est heurtée à une conjoncture durablement défavorable : ralentissement du marché immobilier, entrainant une contraction mécanique de la demande en électroménager et concurrence asiatique proposant des produits à la fois moins chers et de plus en plus qualitatifs.